Marketing du matin, chagrin

« Bonjour Monsieur Société unetelle , »

Voilà comment commence un des pires messages qui soit.

Certes, la dame à beau être polie, téléphoner quand on commence la journée en vous appelant par le nom de votre société, ça ne le fait pas.
Entre le café et la cravate à nouer, on a peut être autre chose à faire que de répondre à ce genre de message. Quand bien même entend-t-on que la dame appelle d’un call center bourdonnant comme une ruche, on se passe de ce type d’appel, alors à ce moment là, le magasin de déco ou le marchand de meubles, il commence déjà à perdre des points là ou il voulait en gagner.

Les portugaises ensablées

On n’est même pas dérangé par le sentiment d’avoir du sable sur la ligne, les portugaises ensablées. Et oui, cet appel vient de Marrakech, de Casablanca ou d’El Gouna… Il y a des accents ensoleillés qui ne se font même pas pardonner. En sachant que les 3 premières heures de travail de la journée vont être consacrées à renflouer les caisses de l’Etat, on comprend que la pression fiscale impose de faire appel à des call centers hors Europe pour appeler en Europe. Call centers établis sur le sable avec le soutien de l’Union Européenne, mais, pour ne pas tomber dans la schizophrénie, on zappe.

Non, je n’irai pas chercher le service à café au magasin de déco, tout au plus retiendrais je qu’avec la crise, voici le retour de pratiques de marketing direct éculées.

Non je n’irai pas chercher la caméra numérique chez le marchand de meubles, pourtant je me souviendrai de son nom, non pas que la machine marketing aie marqué mon esprit façon Guitry  » qu’on en parle en bien ou en mal, l’important, c’est qu’on en parle » .

Plus, prosaïquement, le prospect que j’étais ne deviendra jamais un client de ce magasin dont le nom sera désormais sur liste noire de m’avoir ainsi pollué le début de journée, au pire moment, d’avoir ainsi fait intrusion sans que je ne demande rien, il ira rejoindre ceux dont je n’ai pas entendu le nom toutes les fois où j’ai écourté ce monologue déplacé, cette antipub d’ un autre temps.